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Combien de temps dure une thérapie ? (et comment savoir si ça avance)

6 min de lecture

« Combien de temps ça va durer ? » La question est légitime : c'est un engagement de temps, d'énergie et d'argent. Et pourtant elle n'a pas de réponse unique. Trois mois pour l'un, trois ans pour l'autre, et les deux accompagnements peuvent être également réussis.

Ce qui existe en revanche, ce sont des repères : par approche, par type de demande, et surtout des signes pour évaluer, en cours de route, si le travail avance. Les voici.

Pourquoi personne ne peut vous donner un chiffre à l'avance

Un praticien honnête ne vous promettra jamais « huit séances et c'est réglé », et c'est bon signe. La durée dépend de trop de facteurs : la nature de ce qui vous amène (une difficulté récente et ciblée, ou quelque chose d'ancien et de diffus), votre rythme propre, ce qui émerge en cours de route (il est fréquent qu'une demande initiale en révèle une autre), et l'approche choisie.

Ce qu'un bon praticien peut faire, en revanche : vous donner un ordre de grandeur pour votre situation, proposer des points d'étape réguliers, et réévaluer avec vous au fil du travail. Si ces trois éléments sont là, vous êtes entre de bonnes mains.

Les repères par approche

Les ordres de grandeur ci-dessous sont indicatifs : votre praticien précisera pour votre situation.

Les thérapies brèves : de quelques séances à quelques mois. L'hypnothérapie, les approches orientées solutions et une partie des accompagnements de psychopraticiens visent un objectif ciblé (une peur, un blocage, une transition) sur des formats courts : souvent entre 5 et 15 séances. « Bref » ne veut pas dire superficiel : c'est une méthode, pas un raccourci.

Les psychothérapies au moyen cours : plusieurs mois à un ou deux ans. Quand la demande est plus large (un mal-être installé, des schémas relationnels répétitifs, une confiance à reconstruire), le travail s'inscrit dans la durée, généralement à raison d'une séance par semaine ou par quinzaine. La sexothérapie suit souvent ce format également.

La psychanalyse : un travail au long cours. Explorer son histoire en profondeur prend des années, à un rythme soutenu, et c'est constitutif de la démarche, pas un défaut. On s'y engage en connaissance de cause, et l'investissement (en temps comme en budget) se discute d'emblée avec l'analyste.

La fréquence module fortement l'expérience : une séance hebdomadaire crée une continuité que le rythme mensuel ne permet pas. C'est un paramètre à part entière, qui s'ajuste avec le praticien, y compris en cours de route.

Comment savoir si ça avance ?

C'est la vraie question derrière celle de la durée. Les signes d'un travail qui progresse ne sont pas toujours spectaculaires, et rarement linéaires :

  • vous remarquez des choses que vous ne voyiez pas : des liens, des répétitions, des déclencheurs. C'est souvent le premier mouvement ;
  • quelque chose bouge dans le quotidien : une réaction différente là où vous répétiez toujours la même, une parole posée là où vous vous taisiez ;
  • les séances travaillent en dehors des séances : vous y repensez, des choses se déposent entre deux rendez-vous ;
  • votre entourage le remarque parfois avant vous.

Deux nuances d'honnêteté. D'abord, traverser des phases plus difficiles fait partie du chemin : aborder ce qui fait mal remue, et une période inconfortable n'est pas un signe d'échec. Ensuite, la progression n'est pas linéaire : des paliers, des retours en arrière apparents, puis des déblocages. C'est le rythme normal d'un travail psychique.

En revanche, si après plusieurs mois vous avez le sentiment de tourner en rond, sans que rien ne se dépose ni ne bouge : dites-le en séance. C'est exactement le genre de chose dont on parle avec son praticien, et la façon dont il accueille cette parole est, en soi, très informative.

Arrêter : un droit, à tout moment

Vous êtes libre d'arrêter votre thérapie quand vous le souhaitez, sans justification, sans autorisation. C'est votre démarche, votre temps, votre budget.

Point essentiel, trop rarement dit : vous êtes libre d'arrêter quand vous le souhaitez. Sans justification, sans autorisation, sans « avoir fini ». C'est votre démarche, votre temps, votre argent.

Cela dit, quand c'est possible, une dernière séance pour clore vaut la peine : dire que l'on arrête, poser ce que le travail a apporté, partir proprement. Beaucoup de praticiens le proposent d'eux-mêmes, et cette séance de clôture est souvent plus riche qu'on ne l'imagine.

Deux situations méritent une seconde réflexion avant d'arrêter : partir précipitamment juste après avoir touché un point sensible (l'envie de fuir peut faire partie de ce qui se travaille ; au minimum, dites-le en séance avant de décider), et arrêter pour raisons financières sans en avoir parlé : beaucoup de praticiens adaptent tarif ou fréquence plutôt que de voir un travail s'interrompre.

Et l'inverse est tout aussi vrai : on peut revenir. Reprendre un travail des mois ou des années plus tard, avec le même praticien ou un autre, est fréquent et parfaitement normal.

Questions fréquentes

Une thérapie peut-elle durer « trop longtemps » ?

La durée n'est pas un problème en soi : certains travaux demandent des années, et c'est assumé. Ce qui doit interroger, c'est une durée qui s'étire sans que la question soit jamais posée : un accompagnement sain inclut des points d'étape où l'on évalue ensemble où l'on en est. Si ce dialogue existe, la durée est un choix, pas une dérive.

Mon praticien peut-il décider d'arrêter ?

Oui, cela arrive, le plus souvent parce qu'il estime que votre demande relève d'un autre professionnel, et il vous oriente alors. Un praticien sérieux ne vous « garde » pas par défaut : son cadre déontologique lui demande de travailler dans votre intérêt, ce qui inclut de savoir passer la main.

Faut-il faire une pause pendant les vacances ?

Les interruptions font partie du rythme normal d'un accompagnement : les praticiens ont eux-mêmes leurs périodes de fermeture. Pour les suivis où la continuité compte, la téléconsultation permet de maintenir le lien à distance ; sinon, une pause se prépare simplement en en parlant une ou deux séances avant.

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