Première séance chez le psy : comment ça se passe, comment se préparer
Le rendez-vous est pris. Et maintenant, l'appréhension monte : qu'est-ce que je vais dire ? Par où commencer ? Et si je n'arrive pas à parler ? Et si je pleure ?
Respirez : cette appréhension est probablement la chose la plus partagée au monde par les personnes qui consultent pour la première fois. Voici ce qui va réellement se passer, et pourquoi vous n'avez rien à « réussir ».
Avant la séance : faut-il se préparer ?
Non : rien n'est exigé de vous. Le praticien ne s'attend ni à un récit construit, ni à ce que vous sachiez précisément ce qui ne va pas. Venir avec du flou, c'est la norme, pas l'exception.
Si cela vous rassure, deux petites choses peuvent aider, sans être obligatoires :
- noter en quelques mots ce qui vous amène, sans rédiger un texte : trois lignes, deux idées, une phrase. Le simple fait de l'écrire clarifie souvent, et l'avoir sur soi rassure ;
- noter vos questions pratiques : tarif, fréquence, durée, façon de travailler. La fin de la première séance est le bon moment pour les poser.
Prévoyez d'arriver tranquillement, sans courir. Et si c'est une téléconsultation, installez-vous dans un endroit calme où vous ne serez pas interrompu, quelques minutes avant.
Pendant la séance : ce qui se passe vraiment
Une première séance dure généralement 45 minutes à une heure. Elle ne ressemble ni à un interrogatoire, ni à un examen. Concrètement :
Le praticien vous accueille et vous invite à parler de ce qui vous amène. La question d'ouverture est souvent très simple : « Qu'est-ce qui vous amène ? » Vous dites ce que vous pouvez, comme vous pouvez. Les praticiens ont l'habitude des débuts hésitants, des silences, des « je ne sais pas par où commencer » : c'est littéralement leur métier de vous aider à dérouler.
Il pose des questions. Sur votre situation, votre contexte, ce que vous traversez, parfois votre parcours. Ces questions guident l'échange : vous n'avez pas à porter la conversation seul.
Il pose le cadre. En fin de séance, le praticien explique généralement sa façon de travailler, et aborde les aspects concrets : fréquence envisagée, tarif, conditions d'annulation, confidentialité. C'est aussi votre moment pour poser vos questions, et toutes les questions sur sa formation, son approche et son cadre sont légitimes.
Trois choses importantes à savoir :
- vous n'êtes pas obligé de tout dire. Ni à la première séance, ni jamais. Le rythme vous appartient, et les praticiens le savent ;
- pleurer est fréquent, et parfaitement accueilli. C'est même souvent le signe que vous êtes au bon endroit pour déposer ce que vous portez ;
- la première séance ne vous engage à rien. C'est une rencontre. Vous repartez libre de poursuivre, de réfléchir, ou de chercher quelqu'un d'autre.
Vous n'êtes obligé de rien : ni de tout dire, ni de poursuivre. La première séance est une rencontre, et vous repartez entièrement libre.
Après la séance : comment savoir si ça a « matché » ?
C'est LA question à se poser dans les jours qui suivent, parce que la qualité du lien avec le praticien est l'un des facteurs qui comptent le plus dans un accompagnement. Quelques repères simples :
Les bons signes :
- vous vous êtes senti écouté sans jugement ;
- vous avez pu dire les choses à votre rythme, sans pression ;
- le praticien a été clair sur son cadre : approche, tarif, fréquence, confidentialité ;
- en sortant, quelque chose s'est déposé, même si c'était remuant.
Les signaux qui doivent interroger :
- vous vous êtes senti jugé, pressé ou pas écouté ;
- le praticien a fait des promesses de résultat, ou est resté flou sur son cadre et sa formation ;
- quelque chose vous a mis mal à l'aise, sans que vous puissiez le nommer : ce ressenti compte.
Nuance importante : une séance remuante n'est pas une mauvaise séance. Aborder ce qui fait mal remue, c'est normal. La question n'est pas « était-ce agréable ? » mais « est-ce que je me suis senti en confiance pour y retourner ? ».
Et si ça n'a pas matché ?
Alors vous cherchez quelqu'un d'autre, et c'est tout à fait normal. Ne pas accrocher avec un premier praticien ne dit rien de vous, ni de la thérapie en général : cela dit juste que la rencontre n'a pas eu lieu avec cette personne-là.
Vous n'avez pas non plus à vous justifier : un simple message indiquant que vous ne donnerez pas suite suffit. Les praticiens connaissent ce fonctionnement et ne le prennent pas personnellement. Notre article Comment choisir son praticien donne les critères pour orienter la recherche suivante.
Questions fréquentes
Que dire si je ne sais pas ce qui ne va pas ?
Exactement cela : « Je ne sais pas trop ce qui ne va pas, mais quelque chose ne va pas. » C'est un point de départ parfaitement valable, et très fréquent. Mettre des mots sur ce flou, c'est précisément une partie du travail, et le praticien est là pour ça.
La première séance est-elle payante ?
Le plus souvent oui, au tarif habituel du praticien : c'est une vraie séance de travail. Certains praticiens proposent un premier entretien plus court ou à tarif réduit : l'information figure sur leur fiche ou se demande au moment de la prise de rendez-vous.
Première séance en téléconsultation, est-ce une bonne idée ?
Oui, si le format vous met plus à l'aise pour franchir le pas, comme c'est le cas de beaucoup de personnes. L'essentiel est le même qu'en cabinet : un endroit calme, du temps devant vous, et la liberté de parler. Vous pourrez toujours basculer en présentiel ensuite si le praticien le propose.
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