Tapez « psychopraticien » dans un moteur de recherche et les questions inquiètes arrivent vite : est-ce sérieux, est-ce dangereux, est-ce la même chose qu'un psychologue ? L'inquiétude se comprend. Le titre de psychopraticien n'est pas protégé par la loi, et n'importe qui peut l'écrire sur une plaque.
J'ai dû me poser la même question en construisant AppelPsy, sous une forme très concrète : qui accepter dans l'annuaire, et sur quels critères ? Ma conclusion est simple. Le sérieux d'un psychopraticien ne se devine pas, il se vérifie, et cela prend cinq minutes. Voici comment je m'y prends.
Psychopraticien, psychologue, psychiatre, psychanalyste : qui fait quoi
Un psychopraticien n'est ni médecin ni psychologue : il exerce la psychothérapie relationnelle, après s'être formé à une approche précise.
Les quatre métiers se confondent facilement, alors je les reprends un par un. Le psychiatre est médecin. Il pose des diagnostics, prescrit des traitements, et ses consultations sont remboursées. Le psychologue est titulaire d'un master universitaire de psychologie et d'un numéro ADELI ou RPPS ; son titre est protégé. Le psychanalyste a fait une analyse personnelle approfondie et s'est formé au sein d'une société ou d'une école de psychanalyse. Son titre n'est pas réglementé, mais les sociétés psychanalytiques en encadrent l'usage.
Reste le psychopraticien. Il pratique une approche identifiée (gestalt, analyse transactionnelle, approche centrée sur la personne, psychologie biodynamique, entre autres), s'est formé dans une école et, le plus souvent, a été admis dans une fédération.
J'ai détaillé les différences dans cet article sur les quatre métiers. Ici, retenez surtout ceci : « non réglementé » veut dire que la loi ne vérifie rien. Ce sont les écoles et les fédérations qui font ce travail. À vous de vous assurer que quelqu'un l'a fait.
Les critères qui comptent
Ce que je regarde d'abord, c'est la formation et la fédération. Le reste se vérifie en posant quelques questions simples.
Une formation longue, dans une école qu'on peut nommer
Un psychopraticien sérieux a suivi trois à cinq ans de cursus dans une école qui a un nom, une adresse, un programme et des formateurs identifiables. On y apprend la théorie, on y pratique sous supervision et, presque toujours, on y fait soi-même un travail thérapeutique.
Je demande quelle école, quelle approche, combien d'années. Un praticien formé répond sans chercher ses mots. Ce qui m'arrête, c'est une formation de quelques jours, une « certification » sans école derrière, ou un parcours qui reste vague dès qu'on demande des précisions.
L'affiliation à une fédération
C'est le critère le plus facile à vérifier, et c'est sur lui que j'ai bâti AppelPsy. En France, plusieurs fédérations et syndicats regroupent les praticiens de la psychanalyse et de la psychothérapie relationnelle : la Fédération Nationale de Psychanalyse (FNP), la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P), le Syndicat National des Praticiens en Psychothérapie Relationnelle et Psychanalyse (SNPPsy) et l'Association Fédérative Francophone des Organismes de Psychothérapie relationnelle et de Psychanalyse (AFFOP).
Y entrer n'a rien d'une formalité. Le praticien doit le plus souvent justifier d'une formation complète, d'une thérapie personnelle et d'une supervision régulière, puis signer un code de déontologie. Son dossier passe devant une commission de pairs.
Une affiliation ne vous dit pas si ce praticien vous conviendra. Elle vous dit que des professionnels de sa discipline ont regardé son parcours, et c'est déjà beaucoup. C'est pour cela que j'ai décidé qu'aucun praticien ne figurerait sur AppelPsy sans fédération déclarée.
Une thérapie personnelle et une supervision
Accompagner les autres suppose d'avoir fait un travail sur soi. Les fédérations l'exigent, et c'est du bon sens.
La supervision vient compléter ce travail : le praticien parle régulièrement de sa pratique avec un professionnel plus expérimenté. Les situations difficiles sont relues à deux, il ne reste pas seul avec ses doutes, et c'est vous qui en bénéficiez.
Vous pouvez poser la question telle quelle : « Êtes-vous supervisé ? » Un praticien formé dira oui sans se sentir mis en cause. S'il s'en offusque, vous avez appris quelque chose.
Un code de déontologie
Chaque fédération a son propre code, mais on y retrouve les mêmes grands principes : confidentialité, respect de l'autonomie du patient, interdiction de toute relation autre que thérapeutique, formation continue, et interdiction de promettre un résultat.
C'est ce dernier point que je surveille le plus. Un praticien sérieux ne vous promettra ni guérison, ni délai, ni résultat. Ce qu'il vous propose, c'est un cadre de travail.
La clarté sur le cadre
Dès le premier contact, un praticien sérieux vous dit combien coûte la séance, combien de temps elle dure, à quel rythme il propose de se voir et ce qui se passe si vous annulez. Il explique aussi comment il travaille et ce qu'il attend de vous.
Si vous devez insister pour obtenir ces informations, ou si elles changent d'un échange à l'autre, méfiez-vous.
Les signaux qui doivent vous faire réfléchir
Six signaux doivent vous faire réfléchir, surtout quand ils s'accumulent. Pris isolément, aucun n'est une preuve.
- Une promesse de résultat. « Vous irez mieux en cinq séances », « je soigne l'anxiété », « résultats garantis » : aucun praticien formé ne parle ainsi.
- Une pression pour vous engager. Un forfait de vingt séances à payer d'avance, une insistance pour que vous décidiez tout de suite, un discours sur l'urgence de commencer.
- Un cadre dont on ne parle pas. Pas de tarif annoncé, des séances à durée variable, aucune condition d'annulation.
- Ni formation ni affiliation vérifiable. Le praticien ne cite ni école ni fédération, ou vous répond que « ce n'est pas important ».
- Des rôles mélangés. Du coaching, de la vente de produits, une proposition de vous voir en dehors des séances.
- Un discours qui vous isole. Il critique votre entourage ou vos autres soignants, ou vous décourage d'aller consulter ailleurs.
À l'inverse, le praticien qui vous dit qu'il n'est pas la bonne personne et vous oriente vers un confrère ou un médecin fait preuve exactement du sérieux que vous cherchez.
Comment vérifier, en cinq minutes
Il suffit d'une question et d'une recherche : demandez au praticien sa fédération, puis cherchez son nom dans l'annuaire de celle-ci.
La question peut se poser par mail, au téléphone ou en première séance : « À quelle fédération êtes-vous affilié ? » La réponse devrait venir tout de suite. La plupart des fédérations publient la liste de leurs membres ; si le nom y figure, le parcours a été examiné. Jetez aussi un œil à l'école. Elle doit exister, avec un cursus de plusieurs années.
Le reste se joue en première séance. Supervision, approche, durée, tarif : vous pouvez tout demander, la première séance sert aussi à ça, et elle ne vous engage à rien. J'explique ce qui se passe lors d'une première séance dans un autre article.
Et si quelque chose vous met mal à l'aise, vous avez le droit de ne pas revenir. Sans vous justifier. Comment choisir son praticien donne d'autres repères.
Ce que j'ai choisi de vérifier sur AppelPsy
Sur AppelPsy, chaque praticien déclare sa fédération, qui est affichée sur sa fiche. Sans affiliation déclarée, pas de fiche.
J'ai construit la plateforme pour les praticiens de la psychanalyse et des thérapies relationnelles, et d'autres règles découlent directement de ce que vous venez de lire. Il n'y a ni notes ni étoiles. Noter un accompagnement psychique n'a pas de sens, et ce système pousse les praticiens à promettre des résultats ; j'ai refusé de le mettre en place. Aucune fiche ne mentionne non plus de résultat, de guérison ou de délai. C'est une règle, pas une question de présentation.
Enfin, le cadre est visible avant de réserver : type de consultation, durée, tarif, et mode de consultation (cabinet, visio ou téléphone).
Vous pouvez consulter les psychopraticiens de l'annuaire ou voir comment fonctionne la prise de rendez-vous.
Les séances chez un psychopraticien ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Certaines mutuelles prennent en charge une partie des frais. J'en parle dans Psy non remboursé : quelles solutions ?.
En résumé
Le titre de psychopraticien n'est pas réglementé, mais le sérieux d'un praticien se vérifie avec quatre questions. Où vous êtes-vous formé ? À quelle fédération êtes-vous affilié ? Êtes-vous supervisé ? Quels sont votre tarif, la durée des séances et vos conditions d'annulation ? Un praticien formé y répond sans difficulté.
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